Mémoire déléphant

L’éléphant est une créature étrange et intelligente, dont l’esprit de cohésion est très proche du nôtre. C’est peut-être pour cela que ce géant a toujours fasciné l’homme, suscitant sa sympathie autant que son respect.

Aujourd’hui, l’éléphant fait toujours l’objet d’une forte pression sur les territoires dans lesquels il vit. Si l’éléphant auréolé d’une bienveillance légendaire, détient l’intelligence et la sagesse, l’homme, lui, est de plus en plus en conflit avec l’espace, la terre, l’air même qu’il lui faut pour vivre.

Dans les cultures asiatiques et africaines l’éléphant ne fut-il pas le sage gardien de la mémoire des hommes, au point que l’Occident, quand il le découvre, adopte naturellement cette même vision d’un éléphant qui se souvient de tout, qui se souvient de nous.

La mémoire, qu’elle soit absente, ou saturée par des milliards d’informations transmises via le numérique, est un grand défi de ce siècle.

Marguerite Yourcenar nous dit par une métaphore, ce qui sépare l’ère moderne des premiers temps de l’humanité : “quelques dizaines de vieillards se tenant la main.”

Mémoire d’éléphant est un voyage initiatique à travers mille éléphants qui participent à cette chaîne mémorielle entre les hommes. Nos penseurs, nos savants, nos artistes ont, à travers les siècles embelli nos vies ; l’éléphant, lui, s’en souviendra.

Jacques Charrier

 

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